[Cinemania 2016] Jour 2 – Le rire après la tempête

Le ton commençait à monter en fin de journée, devant les portes du Cinéma Impérial de Montréal.

Deux files d’attente, l’une pour les tickets d’entrée classiques, l’autre pour les accès dits « privilégiés », toutes deux à l’extérieur des murs, dans le froid et sous la pluie. Certes, ça peut faire caprice de nantis, mais attendre, quarante minutes durant, la sortie des spectateurs de la séance précédente, sans possibilité de se mettre à l’abris et se réchauffer, ça peut avoir tendance à crisper.

À la décharge des organisateurs, novembre s’avère traditionnellement être le mois le moins clément niveau temps, oscillant constamment entre hausses et chutes brutales des températures, alternant entre averses et neige fine, avec de rares éclaircies dont il faut à tout pris profiter.

Manque de chance donc : depuis l’ouverture du festival, il fait un temps piteux sur le sud-Québec. Les spectateurs ont donc toutes les peines du monde à rester secs.

Un axe d’amélioration tout trouvé pour l’organisation, manifestement un peu dépassée par les événements…

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Astrid Whettnall, lors de la projection de La route d’Istanbul, dans le cadre de Cinemania 2016

Quoi qu’il en soit, la météo n’a pas le monopole du dépressif. Dans la lancée des films précédemment projetés, cette journée a magnifiquement débuté par La route d’Istanbul de Rachid Bouchareb, narrant la fuite vers la Syrie d’une jeune belge endoctrinée et fraîchement ralliée à la cause du djihad, et conséquemment, les recherches lancées par sa mère pour retrouver sa trace au Proche-Orient.

Oui, on a connu plus engageant…

Reste que le film est absolument bouleversant, constamment émouvant, avec une performance fine et juste d’Astrid Whettnall. Une très belle pièce, une très belle prise pour le festival qui hausse cette fois-ci le niveau, après des débuts satisfaisants sans pour autant taper très haut.

En lever de rideau de ce second jour de festivités, vint alors le moment le plus hallucinant qu’il m’ait été donné de voir, cinématographiquement parlant s’entend. Un objet filmique non identifié, qui a dû être écrit dans une salle totalement enfumée, sous acide et mal aérée. Totalement absurde, Ma Loute de Bruno Dumont restera sans aucun doute comme l’un des grands moments de n’importe quoi de ces derniers mois, avec Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi, et (c’est un classique pour lui) l’inénarrable Fabrice Luchini en roue libre absolue.

La bonne nouvelle dans tout ça ? Mes zygomatiques sont désormais repus. Ne serait-ce que pour ça, après une bonne journée de sinistrose, ce film étrange méritait vraiment d’être vu !

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