Let There Be Light – L’énergie du/des espoirs

L’humanité est à la croisée des chemins. Tous les signaux convergent vers le même constat : elle doit impérativement trouver de nouveaux moyens technologiques, afin d’assurer ses besoins énergétiques tout en diminuant radicalement son empreinte écologique. Le réchauffement climatique, ses conséquences sur la faune, la flore, et les phénomènes climatiques menacent l’Homme d’un inexorable déclin. Les experts l’assurent, le temps presse, le point de non-retour est presqu’atteint.

D’où l’émoi provoqué cette année par la sortie des États-Unis des accords de Paris.

Trouver des alternatives aux énergies fossiles n’est donc plus seulement indispensable, mais vital pour les générations futures.

Outre l’éolien et le solaire (déployés à une échelle bien trop limitée pour durablement compenser le pétrole et la fission nucléaire), la fusion nucléaire (qui revient, grosso modo, à recréer le comportement d’une étoile sur Terre), apparaît aux yeux de nombreux scientifiques comme la technologie d’avenir, dont les avantages en terme d’efficience, de productivité, d’empreinte écologique limitée marqueraient un tournant décisif.

Une technologie extrêmement complexe et coûteuse à mettre en œuvre, à faire émerger, dont les prémices furent lancés dans les années cinquante ans en ex-URSS, et dont la concrétisation devrait se matérialiser autour du sans cesse repoussé projet ITER, réacteur de recherche civil conjointement développé par trente-cinq pays, dont ceux de l’Union Européenne et les États-Unis.

C’est donc une véritable épopée à travers les décennies que relatent Mila Aung-Thwin et Van Royko dans Let There Be Light, au sein duquel responsables, employés, experts, et militants passionnés vont se succéder pour défendre la fusion, en dépit des controverses qu’elle ne cesse d’attirer.

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Épousant à merveille le rêve que poursuivent la plupart de ces témoins, les réalisateurs ont ainsi eu la belle idée d’intégrer des séquences animées matérialisant la dimension quasi-onirique, fantasmatique du projet. Outre une variété intéressante apportée à l’aspect factuel du documentaire, ces derniers traduisent également ce désir quasi-enfantin de rêver plus grand, avec une naïveté qui rimerait presque avec pureté.

C’est peut-être là le reproche que l’on pourrait faire à Aung-Thwin et Royko : celui de présenter ITER dans tout son rêve et toutes ses ambitions, sans vraiment mettre en lumière sa potentielle dangerosité, ses revers et ses contradictions.

En l’état, fort d’une riche documentation et d’un montage au diapason, Let There Be Light reste tout de même un très beau plaidoyer en faveur d’une union à l’échelle internationale des forces, des moyens et des passions, pour l’avenir et la survie d’une humanité en mal de buts communs.

Après tout, c’est aussi ça l’importance et la beauté du cinéma.

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Film vu dans le cadre du Festival Fantasia 2017.

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