Le Hobbit 3 – La Bataille des Cinq Blasés

À l’occasion de la sortie en DVD et Blu-Ray du dernier opus de la trilogie du « Hobbit », « La Bataille des Cinq Armées », de Peter Jackson (et de la saga du « Seigneur des Anneaux » de manière générale), retour sur notre critique publiée lors de sa sortie en salles, le 17 décembre dernier :

« Peter ! Cesse de faire ton Hobbit ! Sors de ton trou, il faut qu’on parle ! N’aie crainte, au milieu d’un concert d’attaques, de critiques, ou pire, d’indifférence, je compter troquer mes quolibets pour des remerciements. Te voilà rassuré ?… Allez, Peter, sors !… Bon, pour peu que tu m’écoutes…

C’est vrai, tu m’as moi aussi, le transi de ta précédente trilogie, déçu comme on l’est après avoir éprouvé un adultère : cette sensation innommable de se sentir trahi, floué, après avoir fondé tant d’espoirs. L’espoir de retrouver une grandeur passée, éhontément ensevelie sous des effets visuels aussi ingrats qu’indélicats, un montage cachant tant bien que mal les lacunes d’un scénario s’étant perdu dans l’herbe à pipe, et une fin, cette fin…. Une Désolation dans le titre, mais aussi et surtout dans mon coeur… Blessé te dis-je !

Ce n’est donc plus avec une bienveillance aveugle que j’accueillis ton dernier opus, mais bien avec une fourche… Tous crocs dehors, les sourcils froncés de méfiance, les lèvres gercées de mauvaise foi, je t’attendais au tournant. Et tu as reconquis mon coeur de fan.

Ô bien sûr, tout fut loin d’être parfait. C’est plus fort que toi, il faut toujours que tu en fasses trop. Je ne sais si tes nouveaux jouets numériques te font parfois tourner la tête, si cela vise à compenser une carence affective toute freudienne en lançant perpétuellement à la vue de tous un « regarde ce que je suis capable de faire ! » des plus immatures, mais Peter, sérieusement, tu en fais trop. Passe encore un Legolas surfant sur un bouclier, abattant à lui seul un éléphant géant, ou encore tuant une armée d’orcs par la grâce d’une seule flèche, mais un Legolas défiant la Loi de la Gravité sur des rochers en chute libre, je dis non ! Sans oublier deux-trois excès visuels qui pourraient (je dis bien « pourraient », n’exagérons rien non plus) faire passer ce bon vieux Michael et ses Transformers pour des parangons de sobriété, avec ces halos lumineux d’un goût… Je veux bien croire que vivre dans un trou de Nain ne dut pas être facile tous les jours, mais ce ne saurait être une (bonne) excuse… D’accord, d’accord, tu as raison, je suis moi aussi reparti dans mes reproches.

Mais il faut dire que c’est dommage ! C’est dommage que la majorité fasse une fixation sur des défauts que tu aurais aisément pu corriger (au bout de cinq essais tout de même…), masquant par le fait même les qualités indéniables d’un métrage à la maitrise et à l’enthousiasme d’une sincérité sans pareille. Qui peut se targuer de proposer des batailles d’une intensité, d’une émotivité, et d’une classe épique aussi folles ? Quel autre blockbuster peut s’enorgueillir de posséder des personnages aussi touchants que Bilbo ou Thorin, aussi magnifiés par une mise en scène à couper le souffle ? Une invitation au voyage, un amour de cet univers qui se ressentent à chaque plan, chaque travelling, chaque mouvement de grue au-dessus de ces affrontements qui, s’ils n’ont évidemment pas l’ampleur de ceux d’un Seigneur des Anneaux, sont d’une immersion et d’une majesté tout à fait comparables. Délaissant tes errements narratifs de l’opus précédent, tu vas cette fois-ci à l’essentiel, retrouvant un sens du rythme qui faisait ta force depuis « Braindead », remettant au coeur de « La Bataille des Cinq Armées » les enjeux-mêmes du livre, livre que tu as finalement ramené à ta vue, un rien trouble ces derniers temps.

De l’attaque de Smaug sur Lacville, à l’expulsion de Sauron de Dol Guldur (allez, c’est le fan qui parle : quel pied !), en passant évidemment par la fameuse bataille finale, l’alliance des Hommes, des Elfes, et de ces fameux Nains enfin matérialisée sur Grand Écran, ce que tu délivres, en définitive, ce n’est pas le chef-d’oeuvre que l’on fantasmait, ce n’est pas le grand film que l’on exigeait au-delà du raisonnable. Transcendé par la musique d’un Howard Shore retrouvé, ce que tu nous offres, c’est du bonheur. Du plaisir outrepassant le simple délire de geek, ou les exigences des fans. Un long-métrage perfectible par bien des aspects, mais d’une beauté épique et émotive trop peu courante pour bouder notre plaisir.

Peter, je laisse le cynisme à d’autres. Pour ma part, je te dis « merci » ! »

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