Festival Fantasia 2017 – Comparaison n’est pas raison

Lorsqu’il s’agit de conjuguer passion et cinéma, peu de festivals possèdent l’aura de Fantasia. Depuis plus de vingt ans maintenant, chaque année voit, aux abords de juillet, la frénésie des fans de cinéma de genre grimper en flèche, trépignant d’impatience de savoir quelles pépites venues d’Asie, quels films undergrounds, quelles séries Z totalement barrées l’équipe du festival leur aura dégotés.

Une attente symbolisée par la sortie du catalogue de Fantasia, véritable bible du fantastique, que chaque festivalier mettra un point d’honneur à se procurer.

fantasia_catalogue_2Il faut dire que l’objet en lui-même a de quoi aguicher. En effet, rares sont désormais les évènements à même de proposer de véritables mooks, aux couvertures en papier glacé, aux pages nobles et aux textures soignées. Le catalogue de Fantasia, aussi lourd et épais qu’un annuaire téléphonique, met chaque fois les petits plats dans les grands pour faire de ces trois semaines un véritable événement.

Pourtant, il est à noter que, cette année, manque à l’appel le sacro-saint DVD, celui compilant les bandes-annonces des films en compétition. Duquel découlait ainsi la tradition d’effectuer son choix confortablement installé dans son salon.

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Bien sûr, rien de rédhibitoire pour autant, ces trailers et autres vidéos restant accessibles en ligne sur le site du festival. Les amoureux de l’objet en seront néanmoins une nouvelle fois pour leurs frais.

Une légère impression de « moins » en comparaison des éditions précédentes (notamment de celle de l’an dernier, proprement affolante) se retrouvant d’ailleurs au sein d’une programmation certes plus que jamais pléthorique, mais souffrant quelque peu de la comparaison avec l’exceptionnelle cuvée de l’an dernier.

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Mitch Davis, co-président du Festival Fantasia

Cette édition 2017 fera certes honneur au cinéma de Larry Cohen, réalisateur du fameux It’s Alive (Le monstre est vivant en version française) qui recevra pour l’occasion le Prix de carrière honorifique. Une belle reconnaissance pour un créateur cher au cœur des amateurs de cinéma d’horreur.

Elle aura également le privilège de diffuser en première nord-américaine le très attendu (et redouté…) Valérian et la Cité des mille planètes, plus gros budget de l’histoire du cinéma français, et dernier film en date de Luc Besson qui, lors de sa venue à Montréal à l’occasion d’une masterclass, avait déchaîné les passions.

Mentionnons également la projection du chef-d’œuvre de James Cameron Terminator 2 : Judgment Day, remasterisé et en 3D. Faire du neuf avec du vieux ? Au vu de l’amour de Cameron pour l’innovation technologique, et de la qualité de la conversion 3D effectuée sur Titanic il y a quelques années, un énième visionnage ne pourra se refuser.

Dans le même ordre idée, comment passer à côté de la remasterisation 4K de Suspiria ? Ou quand Dario Argento traitait encore le fantastique avec brio, dans un écrin à la mesure de sa démesure.

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Fantasia 2017, ce sera aussi de l’inédit aguicheur, avec notamment en guise de film de clôture le très prometteur A Taxi Driver. Citons par ailleurs la présence en Compétition Officielle de The Villainess qui avait produit son petit effet lors du dernier Festival de Cannes, ou encore de A Ghost Story, par le réalisateur du (contre toute attente) très bon remake de Peter et Elliott le Dragon.

En soi, de la qualité à revendre au sein de cette sélection.

Reste qu’après avoir pu compter sur la présence de Guillermo Del Toro (est-il encore besoin de le présenter ?), de Christopher Lloyd (Doc de Retour vers le Futur), ou encore de Takashi Miike, tout autant que sur la projection de The Wailing (The Strangers en France), Don’t Breathe, Train to Busan, Hunt for the Wilderpeople, la programmation de cette année, aussi intrigante et variée soit-elle, ne peut que laisser un léger goût d’inachevé.

Qu’à cela ne tienne, à défaut d’oeuvres aussi attendues, l’édition de cette année offrira malgré tout son lot de trouvailles à côté desquelles le circuit de distribution traditionnel était un peu passé (Colossal, Ma Vie de Courgette), ou dont il s’était même totalement désintéressé (Shin Godzilla). Sans compter des productions plus indépendantes (Le Serpent aux mille coupures), arty (A Ghost Story, The Tokyo Night Sky Is Always the Densest Shade of Blue), undergrounds à même de ravir les aficionados du genre, faisant la part belle aux faiseurs et faiseuses passionnés, novateurs et jamais freinés par leurs petits budgets.

Une programmation dont nous avons donc tiré une liste d’une trentaine de films qui auront su aiguiser notre curiosité, et à propos desquels vous pourrez retrouver toutes nos impressions et avis détaillés au cours de ces trois semaines de festivités :

Atomic Blonde
Au-delà de l’animation 2017
Bad Genius
Born of Woman 2017
Brigsby Bear
Bushwick
Colossal
Free and Easy
Fritz Lang
A Ghost Story
God Told me To
Good Time
Haru
Have a Nice Day
Indiana
Liberation Day
Lu Over the Wall
Ma Vie de Courgette
Money’s Money
Most Beautiful Island
Napping Princess
Night is Short, Walk On Girl
The Senior Class
Le Serpent aux mille coupures
Shin Godzilla
Spoor
Suspiria
A Taxi Driver
Terminator 2 : Judgment Day 3D
Tokyo Idols
The Tokyo Night Sky Is Always the Densest Shade of Blue
Valérian et la Cité des mille planètes

La 21ème édition du Festival Fantasia aura lieu à Montréal du 13 juillet au 2 août prochains.

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