Ça fait toujours aussi peur

« Ça, un mot qui en a traumatisé plus d’un, que ce soit par l’intermédiaire du livre ou de l’adaptation (miteuse) télévisée de Tommy Lee Wallace. Qui n’a pas, en parlant de la peur des clowns, évoqué celui de « Ça » ? En d’autres termes, c’est s’attaquer à une oeuvre autant connue par ses lecteurs que par ceux qui en ont simplement entendu parler que de débuter la lecture de ce roman, présenté non seulement comme un monument du fantastique, mais également comme étant l’oeuvre majeure de Stephen King.

Ça, c’est mille et quelques pages de peurs enfantines magnifiées par la plume d’un auteur en état de grâce. Évoquant tour à tour la peur potentiellement engendrée par les mythes fondateurs, celle du croque-mitaine, et celle (sans aucun doute la plus célèbre, mais aussi la plus efficace) du clown, « Ça » nous prend aux tripes dès les premières pages (à partir d’une introduction aussi brutale et atroce que fascinante) pour mieux nous immerger dans l’ambiance malfaisante d’une ville à la description encyclopédique.

Car Ça n’est pas un simple roman fantastique, où seuls les événements arrivant aux personnages principaux auraient droit de cité. Non, Ça va bien au-delà. Ça, c’est également la description géographique, historique, et culturelle d’une Amérique engoncée dans ses propres démons, démons perpétuels et cycliques, subis et ignorés par une population aveuglée par l’ignorance et le déni. Stephen King prend donc le pari de fournir la description la plus exhaustive possible de la ville de Derry, qui à coup d’anecdotes, de personnages apparaissant et disparaissant au fil du récit, importants comme mineurs, nous devient étrangement réelle, mais plus que tout : familière. Ainsi, Derry devient la personnification de nos propres peurs, la matérialisation de tout ce qui a pu nous hanter pendant notre enfance, cette enfance oubliée par le monde des adultes, aboutissant à la réapparition perpétuelle de Ça, monstre-somme de toutes nos angoisses.

Il ne faut d’ailleurs pas chercher plus loin la fascination que l’on peut éprouver pour cette créature. Qui n’a pas déjà subi la peur du clown ? Du loup-garou, ou d’autres monstres sous le lit, dans le placard ? Finalement, de tout monstre issu de l’imaginaire personnel ou collectif ? Ça est en ce sens la narration de nos propres terreurs enfantines, enfouies par le poids des ans, mais fondatrices de notre devenir.

Mais Ça, c’est également une centaine de pages interminables, où le fascinant fantastique laisse place à une justification et une explication de la naissance et de la nature de Ça complètement hors de propos, où l’auteur s’enlise dans une recherche de grandeur mystique totalement vaine. Une centaine de pages au cours desquelles Stephen King semble chercher comment achever son récit, sans trouver une fin satisfaisante.

Ce n’est donc pas dans son dénouement que Ça livrera toute sa quintessence, mais sa construction, son rythme, et sa précision diaboliques en font à n’en pas douter une référence incontestable de la littérature fantastique, un récit majeur à la fois bluffant et fascinant qui n’a pas fini de hanter. »

Source : http://voir.ca/nouvelles/2014/12/05/cary-fukanaga-tournera-une-adaptation-de-it-de-stephen-king/

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